Le courrier chargé
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Les lettres avec une griffe chargée, jouaient le rôle d’un recommandé et étaient surtout utilisées pour l’envoi de plis importants ou pour l’envoi d’argent.
Lettre de Bordeaux pour Aurillac avec la marque encadrée CHARGE DE BORDEAUX et portant une griffe écrite billets de confiance. Elle possède la signature de l’agent national du district de Bordeaux, lui ayant permis de circuler en franchise de port


A cette époque le courrier était, le plus souvent, acheminé à l’aide d’une malle-poste .
Entier postal timbré sur commande représentant une malle poste de la période révolutionnaire
et un postier sonnant du cor de poste pour annoncer son arrivée

 

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QUAND LA FRANCHISE S'APPLIQUAIT A LA CONFIANCE
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Les lettres avec une griffe chargée, jouaient le rôle d’un recommandé et étaient surtout utilisées pour l’envoi de plis importants ou pour l’envoi d’argent.
Lettre de Bordeaux pour Aurillac avec la marque encadrée CHARGE DE BORDEAUX et portant une griffe écrite billets de confiance. Elle possède la signature de l’agent national du district de Bordeaux, lui ayant permis de circuler en franchise de port suite au décret de lois du 19 décembre 1792 , postulant que les Corps administratifs doivent jouir jusqu'au 1 juillet 1793 de la franchise des ports des lettres et des lettres intitulés "échange de billets de confiance" contresignés par le procureur syndic du département.
La révolution de 1789 n'a pas un an, l'armoire de fer n'a pas encore été découverte aux Tuileries mais déjà le numéraire commence à manquer en France. Les émigrés ont fui avec un maximum de monnaie sonnante, les achats à l'étranger ne peuvent s'effectuer en « billets assignés sur les biens du clergé » créés dès décembre 1789, et les particuliers ont souvent enfoui leur or et leur argent. Les gros assignats et les espèces en cuivre de très faible valeur demeurent donc seuls en circulation et les valeurs intermédiaires, indispensables au commerce et à la ménagère, font cruellement défaut. Alors le gouvernement fait convertir en petite monnaie les cloches des monastères supprimés comme les métaux provenant des églises et des châteaux, mais la fabrication est trop lente et la répartition trop faible.
A la fin de 1790, l'absence des valeurs moyennes ne permet plus de payer les ouvriers. Des manufacturiers réunis en société émettent, gagés sur leurs propres assignats, de petits rectangles de carton de faible valeur, véritable monnaie de nécessité, le plus souvent connus sous leur nom générique de « Billets de confiance ». Mais il y eut beaucoup d'autres appellations telles que « Billet de ville », « Billet forcé » ou« Portion d'assignat » ce qui était vraiment le cas.
En 1791 des « Caisses patriotiques » se substituent aux initiatives individuelles et se multiplient dans toute la France. Elles émettent, dans les 85 départements, des Billets de confiance dont le cours n'est pas forcé, comme celui des assignats, L'Assemblée législative envisage de les adopter mais leurs inconvénients (concurrence avec les assignats, impossibilité de s'assurer de leur authenticité ce qui favorise la contrefaçon, etc.) font opter le 6 mai pour la fabrication de cent millions d'assignats de 5 livres. Cependant le besoin de petite monnaie est si général en France que les Billets de confiance, pourtant crées pour un usage local, voire communal, commencent à circuler dans toute la France. De plus les Caisses patriotiques, initialement animées d'un sentiment altruiste, considèrent parfois les Billets de confiance comme une façon de se constituer un capital en assignats destiné aux spéculations
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Assignat de " Vingt-cinq sols"
 
Billet de confiance, ici appelé "billet de secourrs, émis par la municipalité de Marcigny en Saône et Loire et contresigné au recto comme au verso

Fin mars 1792, l'Assemblée, tout en reconnaissant les avantages des billets de confiance, s'inquiète de leurs inconvénients grandissants et le 30 mars rend un décret, sanctionné par le roi le 1" avril, qui enjoint aux municipalités de vérifier la situation des Caisses patriotiques, l'existence de leurs fonds en assignats et surtout interdisant toute fabrication ou émission nouvelle de Billets de confiance.
Franchise pour l'échange des Billets de confiance
En septembre 1792, les premiers assignats de faible valeur sont mis en circulation, au bénéfice des Parisiens dont la Caisse patriotique accuse, suite aux remboursements, un déficit de 5 millions. Le conventionnel Pierre Cambon demande alors à la Convention le retrait immédiat de l'ensemble de billets, ce qui est accepté le 8 novembre pour effet au 1 "janvier 1793 : les comptes seront vérifiés, les émissions suspendues, les planches détruites, tous les Billets de confiance remboursés puis brûlés avec procès verbal et en présence du public. A cette annonce, le citoyen s'inquiète du nombre insuffisant d'assignats de valeur moyenne mis en circulation, critique le court délai accordé pour l'échange, les difficultés d'identification des billets dont certains ne portent pas le nom de la commune émettrice, enfin l'impossibilité dans laquelle il se trouve de se présenter dans chacune des communes concernées ou d'y envoyer les billets par la poste; les ports obérant alors parfois la totalité des sommes concernées. La Convention fait droit à ces remarques et décrète le 19 décembre 1792 que le délai initialement fixé au ^janvier 1793 est prorogé, selon la valeur des billets, au 1 "mars et au 1 "juillet 1793 et que les Corps administratifs, non pas les particuliers, doivent jouir jusqu'à cette dernière date de la franchise des ports des lettres et paquets intitulés « Echange de billets de confiance » contresignés par le procureur syndic du département
Pour que les détenteurs de Billets de confiance puissent être remboursés, il faut rassembler les billets sur les lieux de la dépense, les inscrire sur un registre et les remettre au directoire du district qui, après les avoir classés, vérifiés et comptés, les renvoie au district du département qui les adresse aux administrateurs des départements dans le ressort desquels se trouvent les corps administratifs, municipalités, sociétés ou particuliers émetteurs : pouvait-on faire plus simple ? On notera que les Billets sont « à échanger contre assignats de cinq livres », ceux dont la fabrication avait été décidée le 6 mai 1791. L'échange avancera lentement à tel point que la Convention, après plusieurs prorogations de dates d'échéance, en accordera une dernière jusqu'au 1" octobre 1793 mais la Caisse patriotique de Commercy ne sera liquidée qu'en 1805 !! Ainsi chaque jour des milliers de lettres ou paquets contenant des billets de confiance étaient confiés à la poste : certains ont été détruits dès leur exploitation, d'autres sont demeurés dans les archives, quelques-uns et particulièrement des lettres ont abouti chez les marcophiles qui sont devenus des hommes heureux !


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Lettre d'échange de billets de confiance, expédiée le 25 juin 1793 de Monttort LAmaury pour les officiers municipaux de Chateauroux.
Elle présente la marqueà numéro «72/MONTFORTLAMY>> l en noir, celle de chargement «CHARGE» (R et Pn° 1701) , puisque l'envoi contient des espèces et celle de vérification ' " de franchise (B et Pn° 2071) apposée à Paris le 28 Juin (date au dos), toutes deux en rouge, ainsi que le numéro de chargement «Chargée 231».


 

 

 

 

 

 

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