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Au bureau, les lettres étaient distribuées contre versement de la taxe, soit au destinataire soit à un messager envoyé par chaque paroisse des environs qui se chargeait, à son tour, de les remettre moyennant un supplément minime. A noter qu’on ne pouvait refuser de payer le port d’une lettre sous peine de se voir refuser les suivantes.

Les 1288 bureaux de province, envoyaient régulièrement leurs recettes à Paris, leur directeur devait être « ferme, doux, prudent, réservé, exact…ne parlant jamais de ses travaux de poste, ni des nouvelles publiques dangereuses qu’il devait apprendre sans les redire… assidu dans son bureau ». Des commis en petit nombre travaillaient dans les « chef-bureaux ».

un bureau de Poste
Des contrôleurs ambulants les inspectaient et devaient avoir « le jugement, les fesses et le bec solides, être dispos, savoir courir la poste à franc-étrier…se charger de peu de bagages… obliger un directeur, sa femme, ses enfants, sa servante, ses voisins à parler ».
En 1789 seules quelques grandes villes sont dotées d’un service spécial pour les lettres postées et distribuables dans la localité même. Ces « Petites Postes », mises en régie à Paris et Lyon, sont données à bail à Bordeaux, Nantes, Rouen, Strasbourg, Nancy, Marseille et Lille. Celle de Paris employait 124 facteurs urbains, 11 de banlieue, 16 porte-sacs, 35 surnuméraires, huit directrices et un directeur de bureau.

Bans les villes où seule une « Grande Poste » fonctionnait, les quelques lettres locales pouvaient être remises, moyennant 2 sols de « droit d’entrepôt », payable d’avance. Là les facteurs restent rares : 3 à Dijon, 2 à Brest, 1 à Beauvais ou Macon par exemple.

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almanach de la Petite Poste de Lille

 

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représentation et explication des différentes marques se trouvant sur une lettre de la Petite Poste de Marseille

 

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courrier français vers 1780 suivant une caricature anglaise
 
médaille de courriér de 1786 (musée de la Poste de Pais)
Les fautes professionnelles et les cas de « prévarication ou larcin », valaient à leur auteur de lourdes peines. Le directeur de Châtellerault paya une amende pour la perte d’une lettre, le directeur de Bagnols-sur-Cèze est condamné à la peine capitale, les ouvriers ne seront pas épargnés.
Les maîtres de poste répondaient des accidents survenus aux voyageurs comme à Saint Germain Lembron avec destruction et de la prison. L’ivrognerie des facteurs les conduisait à la Bastille, la fraude leur valait le carcan avec un écriteau explicatif ! Tout cela nous montre bien le changement de nos jours ????

 

Le tarif de 1759 (déclaration du Parlement du 8 juillet 1759)

 

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