|
La poste au début de la Révolution |
| Avant même la Révolution, la question d’une réforme
de la Poste est posée. Même s’il faut bien se dire qu’il n’y avait que peu ou pas de réclamations contre l’administration des Postes car son fonctionnement et son service, étaient assurés avec ponctualité, les fraudes ou irrégularité étaient rares et d’ailleurs sévèrement réprimées. La Poste était à cette période, à peu prés le seul moyen de communication entre le pouvoir et le pays, comme elle était la seul voie d’échange des informations indispensables au monde des affaires et du commerce. Dans les cahiers de doléances que les délégués des trois ordres «noblesse, clergé et Tiers état », au début de mai 1789, le peuple se plaint quand même de la Poste. On remet en question, l’exemption d’impôt dont bénéficie tel chevaucheur du Roi. En plus généralement, les cahiers de doléances réclament une mesure de portée nationale : la suppression des privilèges accordés, entre autres, au personnel de la Ferme. |
![]() |
Jusqu’à la Révolution, les
Maîtres de Poste formaient de véritables dynasties, se transmettant
les brevets de père en fils ? En 1788, ils avaient créé
un syndicat professionnel. L’année suivante, la suppression
de leurs privilèges, désorganisera la Poste aux chevaux et
la pression de la corporation fut telle que l’Assemblée dut
rapidement lui accorder des compensations. Il faut se souvenir qu’à la fin du XVIIIè siècle, la poste est organisée en ferme générale , c’est à dire en exploitation dépendant du roi, mais gérée par des financiers, les fermiers généraux qui se sont copieusement enrichis. Ceux ci achetaient pour 5 ans le bail «le fermage » des Postes. Ils assuraient le transport des correspondances, ouvraient des bureaux, rémunéraient le personnel. |
la famille Lavoisier |
| Il percevait la taxe postale qui était très importante pour l’époque. L’état en prélevait une grande partie, c’est-à-dire douze millions par an à la veille de la Révolution. Les fermiers se payaient le reste et pour conserver une marge confortable, ils étaient enclins de majorer les tarifs et à limiter ainsi l’exploitation aux destinations rentables. Quant aux salariés, maîtres de poste en particulier, leurs rétributions étaient relativement modiques. Mais les fameux privilèges, apportaient une importante compensation. | ![]() |
| Bien sûr, la revendication de l’abolition ne
concernait pas uniquement le personnel postal. Elle était, dans son
cas, particulièrement vive cependant, car les fermiers de la poste,
passaient pour être les plus riches. La Poste elle-même apparaissait
comme un instrument au service quasi exclusif d’une élite.
De fait, elle transportait essentiellement les correspondances officielles,
tandis que les lettres privées restaient l’exception, en raison
des tarifs très élevés. De plus, les populations rurales
étaient globalement exclues du service, car la Ferme, soucieuse d’abord
de rentabiliser ses activités, ne desservait que les grandes destinations
nationales, organisées en un réseau, dont tous les axes convergeaient
déjà vers Paris. Aussi les gens des campagnes recouraient-ils
souvent aux colporteurs qui acheminaient les missives d’un village
à l’autre en même temps que leurs marchandises. . Il
faut bien se dire qu’en 1789, la Poste était encore un service
de luxe. Le petit peuple en était à peu près exclu. Dix jours à peine après la prise de la Bastille, la question de la Poste est mêlée aux premiers débats de la Révolution. Une revendication fut maintes fois exprimée dans les cahiers de doléances : « L’inviolabilité de la correspondance ». Depuis que l’administration des postes existait, «le Cabinet Noir », décachetait et lissait les lettres. Cette pratique fut d’abord limitée au courrier des personnages importants, puis étendue aux particuliers, en toute impunité. La Révolution réclama d’emblée la suppression de cette surveillance qui symbolisait le pouvoir |
Le
tarif postal |
Au
début de la Révolution le tarif de la poste était toujours celui de 1759 Le tarif était fixé de 20 en 20 lieues jusqu 'à 120, puis de 120 à 150 et enfin au-delà de 150 lieues |
Le tarif de 1759 est calqué sur celui de 1704. Le territoire du royaume est toujours divisé en douze"Routes" ou Provinces, constituant chacune un ensemble ayant sa propre comptabilité et placé sous la direction d' un administrateur de la Ferme Générale des Postes
Les taxes allaient de 4, 5, 7 et 16 sols pour la première zone, jusqu'au 14, 15, 26 et 56 sols pour la 8 ème zone, toutefois le port de Lyon à Perpignan et vice-versa était limité à 10, 11, 18 et 40 sols.
![]() |
Lettre possédant le cachet d' un port payé
orné d' une couronne et possédant l' inscription"FERME
GEN DES POSTES. |
| LES
UNITES DE L' ANCIEN REGIME |
|
| le lieue postal | 3898 mètres |
| l' once | 31,25 grammes (peut varier suivant les régions) |
| le sol | 1 livre vaut 20 sols |
| le sou | à partir de 1792, le sou remplace le sol |
| le décime | 1 décime vaut 2 sous |
| 1 sou (ou sol ) | 12 deniers |
| 1 centime | 1 sou vaut 5 centimes |
| le myriamètre | 30 lieues |
![]() |
Tableau vous donnant un aperçu des griffes de franchise que vous pouvez rencontrer sur du courrier de cette époque
Griffes allant d' une valeur de 1 à 16. Pour des valeurs supérieures il suffit d' accumuler différents types de griffes exemple pour la griffe d' une valeur de 13 (sols, deniers, sous, livres .....) réalisée au moyen d' une griffe de1 et 3 |
Ce tableau
va vous permettre, de calculer la distance qui sépare les villes
principales du royaume, par rapport à Paris, pour vous permettre
de vérifier le tarif postal se trouvant sur vos documents |
|
| cliquer sur le tableau
pour l' agrandir |
Ce tableau va vous permettre,
de calculer la distance qui sépare les villes principales par rapport
à Paris, pour vous permettre de vérifier le tarif postal
se trouvant sur vos documents |
|
Lettre simple |
Lettre avec
enveloppe |
Lettre double |
Once des paquets |
|
| Jusqu’à 20 lieues |
4 |
5 |
7 |
16 |
| De 20 à 40 lieues |
5 |
6 |
9 |
20 |
| De 40 à 60 lieues | 6 |
7 |
10 |
24 |
| De 60 à 80 lieues | 7 |
8 |
12 |
28 |
| De 80 à 100 lieues | 8 |
9 |
14 |
32 |
| De 100 à 120 lieues | 10 |
11 |
18 |
40 |
| De 120 à 150 lieues | 12 |
13 |
22 |
48 |
| Plus de 150 lieues | 14 |
15 |
26 |
56 |
| Lettre du 26 juillet 1789 avec la marque postale artisanale de Fimes et une griffe d' un port dû de 8 sols, le tarif pour une distance comprise entre 80 et 100 lieues |
cliquer
sur la lettre pour plus de renseignements |
| QUATRE
TARIFS |
||||
| DE L’ÉTRANGER
|
||||
| POUR PARIS, EN PROVENANCE
DE |
Lettre simple |
Lettre sans enveloppe |
Lettre double |
Once des paquets |
| Anvers, Gand, Flandre, Autrichienne, Brabant, Liège, Huy, Dinant, Duché du Luxembourg, Comté de Namur | 12 |
13 |
22 |
48 |
| Ruchemonde, Guelde Espagnol, Maestricht, Aix la Chapelle, Limbourg, Bâle, Berne, Neuf-Château et la Suisse | 12 |
13 |
22 |
48 |
| Angleterre, Cologne, Bonn, Coblence, Hollande et Zélande, Madrid, Cadix, Séville, Malaga et Espagne | 16 |
17 |
30 |
3 livres 4 s |
| Hambourg, Lubeck et les autres villes d’ Allemagne | 24 |
25 |
46 |
4 livres 16 sous |
|
LA
PETITE POSTE |
| La petite poste fut crée à Paris le 7 juin 1760.
Ce fut, la première tentative réussie pour la distribution
des lettres de la ville pour la ville. L’affranchissement des lettres,
au départ, était obligatoire. Le port-payé généralisé
était nouveau pour l’époque. Le port pouvait être
payé au guichet d’un bureau, à un facteur ou à
un boîtier. Certains usagers expédiaient leurs lettres en port-du.
Dans ce cas, un employé de la Petite Poste faisait l’avance
du port. Paris était divisé en neuf quartiers possédant
chacun, un bureau avec comme indicatif une lettre de A à J (I était
égal à J) et se trouvant dans un cercle. Les facteurs possédaient
un indicatif comprenant la lettre de leur bureau surmontant un chiffre et
se trouvant lui aussi dans un cercle. On pouvait en outre trouver deux marques
de contrôles, l’une pour la levée (au nombre de 9 par
jour) frappé du bureau de départ et la marque du quantième
du mois frappée surtout au bureau central. Chaque bureau distribuait
directement les lettres levées dans son quartier pour son quartier,
en même temps que le courrier provenant des autres bureaux. Les trois marques de départ, bureau, facteur, boîtier et les deux marques de contrôles celle des levées et des quantièmes du mois peuvent se trouver sur la même lettre. |
|
![]() |
Pendant la Révolution, des Petites Postes fonctionnaient
encore à Paris et dans quelques grandes villes de province. Mais
c’est la Petite Poste de Paris qui est la plus intéressante
d’étudier car c’est dans la capitale que la plus grande
partie des faits se sont produits. Privées à l’origine, ces Petites Postes furent rattachées en 1780 au régime de la Ferme générale. Dés lors, les bureaux et le matériel devenaient, en principe, commun. Mais dans la réalité, les services restaient encore distincts au début de la Révolution. Les Petites Postes continuaient à utiliser leurs marques spécifiques comme le démontre ce document. Je ne m’approfondirais pas plus sur ce sujet car son fonctionnement demanderait une étude à elle seule. |
Tenue de postier sous la Petite Poste |
|
| PETITE
POSTE DE PARIS |
|
| lettre simple | 2 sous |
| l' once de paquet | 3 sous |
| BANLIEUE | |
| Par envoi hors enceinte des banlieues | + 1 sou |
|
cliquer en haut pour fermer
la fenêtre ou sur la flèche pour vérifier un autre
tarif |